Exposition
24.06.2026 29.08.2026
Vernissage
24.06.2026 18h

Beaux Restes #2 : Roman Cieslewicz, dans l’œil du Cyclope

Avec ce deuxième accrochage, "Beaux Restes s'enrichit d'une sélection de sérigraphies et d’affiches originales de Roman Cieslewicz, figure absolument centrale de l’histoire du graphisme européen du XXe siècle.

Date :
24.06.2026 29.08.2026
La fenêtre - Opéra Comédie
Vernissage :
24.06.2026 18h
La fenêtre - Opéra Comédie

Pour l’édition 2026 du festival GRAPHIMS,La fenêtre propose « Beaux Restes » une exposition assemblée à partir de fragments d’expositions antérieures réactivés, reconfigurés et mis en dialogue. Quatre premiers ensembles distincts se retrouvent réunis pour la première fois : une sélection resserrée du travail de Félicité Landrivon, une reprise partielle de La Gauchère de Marion Cachon, les seize affiches sérigraphiées de la commande Messages/Images du Centre national des arts plastiques et l’installation modulaire de la maison d’édition Postfirebooks.

Avec ce deuxième accrochage, « Beaux Restes s’enrichit d’une sélection de sérigraphies et d’affiches originales de Roman Cieslewicz, figure absolument centrale de l’histoire du graphisme européen du XXe siècle, qui ont été précédemment présentées dans l’exposition « Dix sections » de la médiathèque Emile Zola à Montpellier.

Formé à l’École des beaux-arts de Cracovie, Roman Cieslewicz (1930–1996) s’impose d’abord en Pologne comme l’une des figures majeures de l’école polonaise de l’affiche, ce mouvement d’une vitalité exceptionnelle qui, dans les années 1950 et 1960, fait de l’affiche culturelle un espace de résistance esthétique et politique face au réalisme socialiste.

En 1963, il s’installe à Paris, où il devient directeur artistique de magazines aussi différents que Elle, Vogue, Opus International ou Kitsch, imposant dans chacun d’eux une exigence formelle rare et une capacité à faire dialoguer culture populaire et avant-garde.

Son oeuvre est traversée par une pratique obsessionnelle du photomontage et du détournement d’images : il prélève, fragmente, répète, grossit, altère des photographies et des icônes visuelles pour produire des images d’une puissance troublante, à la fois politiques et oniriques.

Influencé par le surréalisme autant que par le constructivisme, il développe un langage graphique immédiatement reconnaissable, où la tension entre le réel et sa distorsion génère un sentiment d’inquiétude et de fascination. Le corps humain, les symboles de pouvoir, les figures du totalitarisme et du consumérisme sont ses matériaux de prédilection :Il les retourne, les déforme, les met en abime jusqu’à ce qu’ils révèlent ce qu’ils cherchent à dissimuler.

Roman Cieslewicz enseigne à l’ESAG Penninghen à Paris et influence ainsi plusieurs générations de graphistes.

Ses affiches et sérigraphies figurent dans les collections des plus grandes institutions internationales.

Présenter aujourd’hui une sélection de ses oeuvres originales dans « Beaux Restes », c’est rappeler que le graphisme peut atteindre la force d’une oeuvre d’art pleinement autonome et que certaines images, loin de vieillir, continuent de nous regarder. 

Alors que le Musée Fabre propose dans le même temps une grande exposition dédiée à Pierre Paulin, La fenêtre célèbre aussi le design des années 60 à 90.

Roman Cieslewicz (1930-1996) et Pierre Paulin (1927–2009) sont contemporains. Pendant que l’un construisait son oeuvre graphique à Paris, l’autre révolutionnait le design de mobilier, avec la même conviction que la forme peut être porteuse de sens et d’émancipation.

Dans l’exposition dédiée en 1988 par le Centre Pompidou au design français sur les trois décennies 1960-1990 (Paris, juin – septembre 1988), les deux créateurs sont en bonne place, aux côtés de leurs illustres contemporains comme Peter Knapp, André Courreges, Roger Tallon ou Denise Fayolle.

« L’une des caractéristiques les plus séduisantes du design français s’exprime dans son extrême liberté formelle. Celle-ci est, à la fois héritière des liens étroits des designers avec le mouvement des arts plastiques et décoratifs entre 1920 et 1940 et fruit de l’absence de théorisation unitaire globalisante, ce qui lui permet de repousser les limites à l’infini de l’imaginaire (…) quitte à verser dans l’exagération ou l’extravagance. 

Elle le place -et c’est tout à son avantage- au coeur même de l’émergence des tendances nouvelles, là où celles-ci se manifestent. Il intervient donc ainsi à la source de l’évolution esthétique de la vie quotidienne».*

*Design et designer français. 1960 -1990 : Trois Décennies.Catalogue de l’exposition du Centre Pompidou, Paris.
Juin > Septembre 1988

Établissement(s) partenaire(s)

La fenêtre tient à remercier tout particulièrement Mme Chantal Petit-Cieslewicz pour sa contribution à cette exposition.

Avec...

Roman
Cieslewicz

Il a construit pendant près de 50 ans dont 35 passés en France, une œuvre éclectique, dans laquelle se sont épanouies de nombreuses formes d’expressions graphiques (affiche, publicité photomontage, édition, illustration), engagée, esthétique, souvent teintée d’humour, d’irrévérence, et d’un second degré parfois cynique mais jamais gratuit ou malveillant. Immense artiste de la scène graphique internationale, issu de l’École de l’Affiche polonaise, c’est en 1963 auprès de Peter Knapp qu’il collabore au tout début de sa carrière française comme maquettiste au magazine ELLE avant d’en devenir le directeur artistique de 1965 à 1969...

« Grand créateur devant l’Éternel, hors époque et hors temps, il pénètre les choses étranges, nous entraîne dans une fantasmagorie qui n’est pas toujours confortable. Concoctant son étrange mixture, il ouvre des fenêtres sur l’avenir. » Margo ROUARD. (Catalogue de la rétrospective Roman Cieslewicz, Centre Pompidou, 1993)

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